Turbo Veille #42 : Graphisme et édition féministe

C’est mercredi ? C’est la semaine du 8 mars ? Voici une turbo veille spéciale à l’occasion de la Journée des droits des femmes ! Une veille 100 % graphisme engagé et édition féministe.

Le graphisme peut-il être féministe ?

Le féminisme est un mouvement politique, social et culturel en constante évolution. Il milite pour l’égalité des sexes et l’inclusion des minorités de genre. Il remet en question la place des femmes dans la société, déconstruit les schémas patriarcaux et met en lumière les stéréotypes et discriminations sexistes. Ces inégalités existent partout : dans l’espace public, au sein du foyer, au travail et dans les représentations visuelles.

Dans ce contexte, certain·e·s designer·euse·s engagé·e·s réinterrogent leur pratique. Face aux images hypersexualisées et aux normes imposées, iels développent de nouvelles formes graphiques et narratives. Leur objectif ? Valoriser des voix longtemps marginalisées. Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique collective : les créateur·rice·s se rassemblent, tissent des réseaux et expérimentent des esthétiques libérées des carcans traditionnels. Avec une approche intersectionnelle et une bonne dose de female gaze, le design féministe ouvre la voie à une représentation plus juste et inclusive.

Couverture du livre "Féminisme washing" de Léa Lejeune

#01 – « Féminisme washing » de Léa Lejeune

Le 8 mars est souvent perçu comme une journée où l’on offre des fleurs. Pourtant, cette tradition a été largement façonnée par le capitalisme, qui l’a transformée en opportunité commerciale. De nombreuses marques surfent sur les valeurs féministes pour vendre, sans pour autant modifier leurs pratiques internes.

Dans son enquête, Léa Lejeune décrypte ces stratégies marketing et analyse comment les grandes entreprises s’approprient le féminisme à des fins publicitaires.

#02 – La déferlante

La Déferlante, c’est la revue incontournable des révolutions féministes. Chaque trimestre, elle propose un regard engagé et pluriel sur les luttes féministes et les questions de genre. À travers des enquêtes approfondies, des témoignages, des analyses et des contributions de chercheur·ses, d’activistes et d’artistes, elle offre une vision éclairée et militante.

Son esthétique soignée renforce son message : une mise en page dynamique, une typographie audacieuse et une iconographie percutante. La revue met en avant le talent de nombreuses illustrateur·ices, comme Élizabeth Holleville, Nadia Diz Grana, Salomé Lahoche et Lucie Gautier.

Exemple de revue la déferlante
Couverture du Fanzine Bikini Kill volume 2

#03 – Le fanzine

Le fanzine, c’est la révolte par le graphisme, un moyen d’expression libre, radical et accessible à tou·te·s. Véritable outil de lutte, il permet de porter une voix, de partager des idées et de tisser des communautés militantes. Cette forme d’autoédition apparue dans les années 70, renforcée par l’esthétique DIY du mouvement punk. Le fanzine connaît un nouvel essor dans les années 90 avec le manifeste Riot Grrrl, porté par Kathleen Hanna (Bikini Kill <3), qui encourage les femmes à s’approprier la culture et à créer leurs propres espaces. Aujourd’hui encore, le fanzine demeure un acte de résistance, comme en témoigne le Grrrl Zine Fair, un projet visant à collecter, promouvoir et soutenir les fanzines féministes et queer. À la fois support d’information, de mobilisation et de création, le fanzine continue d’incarner un outil puissant de contestation et d’émancipation.

#04 – La librairie Invisible

Si vous cherchez de belles références en édition, fanzine et sérigraphie engagées, vous pourrez peut-être croiser La librairie Invisible en festival, marché et autres évènements. Une librairie nomade qui propose de belles références féministes, queer et dissidentes.

Camion de la librairie invisijble en mode stand
Exemple de travaux graphique du projet Estellina

#05 – Estellina par Eve-Lise Kern

En France, les femmes ne représentent que 12 % des figures historiques mentionnées. Pourtant, leur histoire, bien réelle, mérite d’être racontée. C’est dans cette optique qu’Ève-Lise Kern, alors étudiante en DNSEP à Reims, se penche sur la question. Inspirée par la citation de Virginia Woolf : « Mais pourquoi n’ajouterait-on pas un supplément à l’Histoire ? Supplément auquel on donnerait, bien entendu, un nom sans importance pour que les femmes y puissent figurer sans inconvénient ? », elle conçoit une série de flyers, chapbooks et cartes postales à glisser, insérer, occuper dans les livres d’histoire de référence. À la manière d’erratums, ces interventions signalent ces oublis et rendent hommage aux femmes invisibilisées en proposant des portraits détaillés à travers différentes formes graphiques.

#06 – Guerrilla Girls

“Do Women STILL Have to be Naked to Get Into the Met. Museum?” Ce célèbre slogan des Guerrilla Girls, collectif féministe et antiraciste, dénonce depuis 1989 les inégalités dans le monde de l’art. Adaptant leur message aux expositions qu’elles critiquent, elles rappellent qu’aujourd’hui encore, moins de 4 % des artistes exposés dans la section des arts modernes sont des femmes, tandis qu’elles représentent 76 % des nus.

Camion floqué du design et du message de la place de la femme dans les musées des Guerrilla Girls

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Retrouver la Turbo Veille #7 : Inspirations féministes


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